Aux origines
En 2021, je travaille pour la Fondation Solana parmi ses premiers contractors, sur le design, la marque et le community management. Je participe également à des projets comme Degen Ape Academy et Aurory, avec des visuels et des activations marketing. C’est dans cet écosystème que je rencontre mon futur associé et que prend forme l’envie de créer mon propre univers.
Lucid Drakes deviendra ma legacy artistique, mais aussi une aventure qui me transformera...
Au départ, nous envisageons une collection de 10 000 personnages générés à partir d’une silhouette commune et d’accessoires assemblés par script. Ce cadre me plaît : une base imposée, beaucoup de liberté à l’intérieur.
Je commence à dessiner les éléments et, pour les présenter à mon cofondateur, je lui envoie des personnages composés. En regardant ces premières images, nous réalisons que chacune prend une direction propre. Ce que je suis en train de créer nous donne envie de revoir le projet.
Au lieu de produire 10 000 variations d’un même personnage, nous décidons donc de laisser chaque Drake devenir une pièce unique.

Un cercle à découvrir
Ce passage aux pièces uniques me permet aussi d’introduire une dimension hermétique et symbolique dans le projet. La symbolique des nombres, la cooptation et le secret deviennent les éléments d’un même langage, présent dans les œuvres comme dans la manière de rejoindre leur cercle de collectionneurs.
Acquérir un Drake devait être un parcours : découvrir le projet, en saisir certains codes, nouer des liens. Pouvoir payer ne suffisait pas à en obtenir un.
J’avais envie que cette découverte commence avant même la possession de l’œuvre. Les références cachées invitaient à chercher ; la cooptation faisait intervenir la rencontre et la confiance ; le secret entretenait la curiosité. Le collectionneur entrait progressivement dans l’univers.
Cette approche nous permettait de construire dans l’ombre, en laissant aux images, aux échanges et au bouche-à-oreille le temps de faire leur chemin.
Une legacy graphique
Lucid Drakes est né d’un désir de construire et d’explorer ma propre legacy graphique : pouvoir jongler avec du digital painting, de la 3D, des collages, de la photo.
J’y ai réuni mes références pop culture, le street art et les réflexes de designer acquis en agence. Chaque personnage me permet d’explorer une idée à travers plusieurs niveaux de lecture.
On peut s’arrêter aux couleurs et à l’attitude, reconnaître un souvenir d’enfance ou une référence culturelle, puis découvrir dans les détails une prise de position plus personnelle.
Les Drakes ne partagent donc pas nécessairement une technique ou une esthétique identique. Ce qui les relie, c’est davantage une manière de construire l’image : accumuler des signes, détourner des références et laisser plusieurs portes d’entrée dans une même œuvre.

▸ Le #008, El Barto : anatomie d’un Drake
Le #008, El Barto, donne les clés de cette approche.

Il reprend une scène familière : Bart puni devant son tableau, condamné à recopier une leçon que le gag vient détourner. Ici, « Gaz fees are scam » déplace la scène vers les rivalités entre Ethereum et Solana.
Le « Djiiz was here » au Posca y glisse mon passé de street art et mon entente toute relative avec l’école. Même si j’ai fini par passer plus de 10 ans en Master, mais comme enseignant cette fois…
Sur la visière, le B de Bart est construit à partir des arches de McDonald’s renversées. Cet easter egg porte une idée qui m’est chère : une trajectoire rebelle peut aussi mener à la réussite. Je pensais notamment à ceux qui avaient quitté l’école et trouvé leur voie ailleurs.
Dans ce personnage qui refuse de rentrer dans le rang, je vois aussi la possibilité d’inventer sa propre place.

69 pièces, plusieurs portes d’entrée
Cette logique traverse la collection : les références se répondent et prennent un autre sens ensemble. Même le nombre de pièces, 69, contient une clé symbolique.
Certaines œuvres prolongent le jeu dans leurs métadonnées : des poèmes, des ouvertures, des liens vers des vidéos ou des musiques. Ces éléments invitent à poursuivre l’exploration au-delà de l’image.
Chacun en découvre une partie selon sa curiosité, ses références et son histoire.
Un personnage par semaine
Pendant près d’un an, nous avons publié un drop par semaine. Le personnage était attendu ; il fallait encore surprendre.
J’inventais des accessoires, croisais des techniques et reprenais les compositions jusqu’à ce que le Drake ait une présence et quelque chose à raconter.
Ce rythme a progressivement donné à l’univers une identité assez forte pour traverser les médiums, du tableau numérique au vêtement, puis aux expériences animées.
C’est cette liberté que je veux préserver : découvrir ce que mes personnages peuvent devenir à mesure que les outils évoluent, et ce qu’ils peuvent signifier pour ceux qui se les approprient.
la collection complète est visible ici : https://www.luciddrakes.xyz/gallery
